[N° 588] - Surélévation des immeubles : élevons-nous ! - Les pratiques de la surélévation

par Guillaume HECHT
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Les pratiques de la surélévation

Autant créer de nouveaux lots en construisant un parking en sous-œuvre est d’une complexité rare, autant surélever d’un ou de deux niveaux un immeuble relève du jeu de lego™. En terme de masse et de reprise de charges, cela revient à poser un sucre sur un parpaing. Il faut cependant distinguer deux cas :
- l’immeuble à toiture terrasse ;
- l’immeuble à toiture à pans inclinés.

Dans le premier cas, pas de dépose de toiture existante, et encore moins de charpente. L’enjeu repose sur la bonne reprise d’étanchéité au droit des nouveaux bâtis, si ceux-là ne couvrent pas en totalité l’emprise de la terrasse. Les acrotères et les pentes d’évacuation des eaux pluviales seront aussi, à considérer en fonction de la nouvelle couverture de l’extension verticale.
Dans l’autre cas, l’ordre des opérations est le suivant :
- dépose de la toiture tout en assurant l’étanchéité des plafonds du dernier niveau existant ;
- dépose de la charpente ;
- coulage d’une dalle ou mise en place du plancher du niveau à créer tout en prévoyant les emprises des futures gaines techniques.
Une fois ces premières opérations achevées, la suite dépend du parti technique retenu. Deux cas de figure se présentent :
- construction en dur (maçonnerie) ;
- construction en bois et/ou métal.
Construire en dur présente des inconvénients majeurs : les travaux sont bruyants, sales, et le poids des ouvrages peut nécessiter, notamment dans le cas de l’ancien, des reprises de charges sur poutrelle métallique ou sur structure porteuse maçonnée, judicieusement placée au dessus des murs de refend ou autres structures porteuses. Les conseils d’un architecte et d’un bureau d’étude sont fortement recommandés.

Les surélévations qui optent pour une structure bois (ossature bois ou bois massif) offrent un nombre d’avantages considérable, notamment en site occupé : diminution du temps de chantier, possibilité de recourir à des éléments préfabriqués, éviter des travaux sales, économiser sur la mise en œuvre (poids, levage, temps), sans oublier la souplesse architecturale qu’offre le bois, tant en façade (bardage) qu’en ossature.
Le métal est également à considérer : son économie et sa mise en œuvre se rapprochent de celle du bois ; tous deux restant cinq fois moins lourds que le béton.

Extensions en maçonnerie, dans le XVIIème, rue Galvani.
Crédit : ©Guillaume Hecht

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Surélévation en métal dans le XIVème. Architectes : Hardel & Lebihan.
Crédit : ©Vincent Fillon