[N°622] - Gestion de cabinets de syndics : Polyvalence de rigueur - Le syndic en ligne : l’avenir ?

par Julie HAINAUT
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Le syndic en ligne : l’avenir ?

La toile voit poindre chaque jour de nouveaux services de syndic en ligne. Honoraires revus à la baisse, efficacité supérieure, meilleure disponibilité : les garanties annoncées séduisent de plus en plus de copropriétaires, surtout ceux issus de petites copropriétés. Ces syndics nouvelle génération coûtent, en moyenne, moitié moins cher que les syndics classiques (compter une centaine d’euros par an et part lot). Leur rôle et leurs missions restent les mêmes qu’un syndic classique : convocation à l’assemblée générale, rédaction du procès-verbal… Ils ne peuvent bien évidemment pas déroger à la loi du 10 juillet 1965.
«La société évolue, et l’usage des consommateurs change ; nous devons nous adapter. Nos clients utilisent de plus en plus le digital» annonce Olivier Hameau, directeur marketing de Sergic. Quatrième acteur de la gestion immobilière en France, Sergic, dont le siège est dans le département du Nord, a imaginé une offre alternative au syndic classique pour répondre aux nécessités de ses clients de plus en plus connectés et à leurs besoins de bénéficier de services plus simples et plus collaboratifs. Lancée à Lyon cet été, l’application Viva Syndic (disponible sur iPhone et Android) a pour but de «recréer du lien et d’animer tous les habitants (locataires et copropriétaires) pour un “bien vivre ensemble” dans l’immeuble». C’est une solution simple, souple, instantanée et moins onéreuse que le syndic classique. «Nous sommes environ 15 à 20 % moins chers que les services classiques. L’application permet de piloter l’immeuble, de consulter le règlement de copropriété ou les consommations énergétiques – voire de les optimiser et de baisser ainsi les coûts de l’immeuble –, de voir les travaux en cours, de signaler un problème… Tous les habitants se sentent alors acteurs de leur lieu de vie. Pour le moment, les retours sont positifs». Ils peuvent ainsi, par exemple, signaler que le ménage n’a pas été fait, qu’une vitre a été cassée… En prenant une photo et en la téléchargeant sur l’application ; chaque habitant pourra ainsi prendre connaissance en temps réel du problème. Le contact humain, primordial, n’est pas laissé de côté. «Un “Viva Référent” est disponible sur place, à Lyon. D’ailleurs, nos clients peuvent tenir leurs assemblées générales dans les locaux de notre agence locale» affirme Olivier Hameau.

«Les gens ne se parlent plus»

Syndic Experts a également lancé son application. «Elle permet à nos copropriétaires de voir l’état de leurs copropriétés, du compte courant au règlement de copropriété, et de faire remonter des dysfonctionnements visibles par toute la communauté. Il y a un “mur des voisins” qui permet aux voisins de discuter entre eux en mode privé ou public. Cette application satisfait les copropriétaires qui demandent toujours plus de transparence», précise le concepteur de l’application.
Le risque ? L’augmentation des conflits de voisinage. «Il vaut mieux aller voir directement son voisin du dessus qui écoute de la musique bien trop fort que de l’afficher sur internet ; ça risque de dégénérer» constate un membre de conseil syndical d’une copropriété. «Ce qui tue nos métiers, c’est que les gens ne se parlent plus» conclut Renaud Franchet.
Pour Rachid Laaraj, «le service de syndic en ligne répond à un besoin de petites copropriétés ne souhaitant pas sauter le pas du syndic bénévole tout en limitant les frais de gestion. Les syndics professionnels ont plutôt tendance à se désengager des petites copropriétés, marché que ciblent justement les syndics en ligne (8 lots en moyenne), les deux offres peuvent donc tout à fait cohabiter sans se concurrence ».