[N° 608] - Compteurs : Mesurer pour économiser - Compteurs communicants : un marché qui se développe

par Paul TURENNE
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Compteurs communicants : un marché qui se développe

Capables de recevoir et d’envoyer des données sans intervention humaine pour la mesure et la gestion des flux, les compteurs communicants permettent de suivre en temps réel la consommation énergétique d’un bâtiment.
Tenant compte de l’ensemble des flux gérés dans le bâtiment (électricité, gaz, eau...) dans le cadre d’une approche globale, le comptage intelligent s’appuie, lui, sur la mise en réseau de fonctions clés liées au bâti (ventilation, chauf- fage, fluides, etc.), par la mise en place de capteurs, actionneurs et logiciels.
L’un des avantages majeurs de ces compteurs innovants réside dans la maîtrise de la dépense énergétique avec l’établissement de factures sur la base des consommations réelles et non estimées. De nouvelles offres et de nouveaux services devraient, par ailleurs, être amenés à se développer par le biais des grands énergéticiens, permettant par exemple d’échelonner la consommation. Le comptage intelligent peut également être un outil de contrôle permettant une meilleure maîtrise des flux et donc une limitation des pertes et des pannes de réseau. 
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L’habitat social également concerné par le comptage individuel de l’eau et du chauffage

Si le décret du 23 avril 2012 imposait déjà le déploiement de compteurs individuels pour le chauffage dans tous les immeubles collectifs d’ici fin 2017, la loi sur la transition énergétique va plus loin, avec l’adoption de l’article 6 ter. Précisant les cas autorisés de dérogation à l’obligation de mise en place de compteurs indivi- duels de consommation d’eau et de chauffage dans les immeubles, celui-ci trans- pose certaines dispositions de la directive européenne de 2012 relative à l’effica- cité énergétique (2012/27/UE). Pour rappel, la directive prévoit que «lorsqu’un bâtiment est alimenté en chaleur et en froid ou en eau chaude par un réseau de chaleur ou par une installation centrale desservant plusieurs bâtiments, un compteur de chaleur ou d’eau chaude est installé sur l’échangeur de chaleur ou au point de livraison.»
La commission des affaires économiques du Sénat avait, fin janvier, exclu les loge- ments sociaux de cette obligation. Une modification finalement rejetée par les sénateurs en séance plénière, le 13 février dernier. Le gouvernement estime le coût de cette mesure pour l’habitat social entre 19 et 32 millions d’euros par an, avec une économie annuelle sur les factures au moins égal à ce surcoût.