[N° 603] - Entretenir et remplacer les modénatures

par Julie HAINAUT
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Éléments en creux ou en relief animant une façade, les modénatures font à la fois office d’ornement et de protection contre les infiltrations et chocs thermiques. Lors d’un ravalement de façade, comment préserver et garder le caractère authentique de ces médaillons, frontons, bandeaux, corniches et autres frises ? Etat des lieux.

 

La douceur au menu
«Pour nettoyer les modénatures, il convient d’effectuer un brossage doux puis d’appliquer une peinture de protection. Il faut absolument éviter les Karcher© et proscrire toutes les brosses métalliques, afin de ne pas abîmer ces éléments de décoration» prévient Cédric Forest, technico-commercial chez Bati Formes, société spécialisée en éléments d’habillage métalliques et composites. Le but ? Préserver l’esthétique plutôt que de prévenir l’usure. «En effet, il n’y a pas de souci conservant la durabilité des produits ; l’entretien des modénatures est plutôt un problème de coquetterie».

Une reproduction à l’identique
Toutes les sociétés spécialisées dans les modénatures sont unanimes : l’attrait architectural doit être préservé et non dénaturé, le passé ne doit pas être détruit. «Le fait de voir une façade finie est toujours valorisant. Les modénatures sont ce que l’on voit en premier sur un immeuble» explique Cédric Forest. Lors d’une isolation par l’extérieur, toutes sont reproduites à l’identique. «En principe, l’entièreté de la modénature est remplacée, mais il arrive que l’on conserve une partie existante. On verra forcément une toute petite différence, l’existante ayant été patinée avec le temps».

Lorsqu’un remplacement est envisagé, trois cas sont possibles : réaliser les modénatures à partir des plans de l’architecte, prélever les éléments existants sur les chantiers ou réaliser des prototypes qui devront être approuvés par le maître d’œuvre. Dans le cas d’un immeuble classé, il faudra requérir l’acceptation des Architectes des bâtiments de France. Dans tous les cas, il est important de suivre les prescriptions de pose du fournisseur choisi. Chacun a un cahier des charges bien précis qui détermine le mode de fixation d’une modénature. L’idée est simple : il convient de décoller la modénature du mur – ce qui n’est pas toujours chose aisée, les colles actuelles étant aujourd’hui de très bonne qualité – puis de gratter l’emplacement afin de retirer le surplus de colle et de placer une nouvelle modénature, selon les modalités de fixation du fabricant. «Chez BatiFormes, deux équerres métalliques de guidage sont fixées sur le mur. S’ensuit alors un double encollage sur le mur et la modénature, laquelle s’enclenchera dans les équerres. Il est nécessaire ensuite de traiter les jonctions de chaque élément. C’est important, notamment dans le cas d’une corniche, afin d’atténuer au maximum le joint, encore et toujours dans un souci d’esthétique» précise Cédric Forest. Chez STO, leader dans l’innovation et les solutions techniques d’isolation thermique extérieure, les “StoDéco Profil”, «système de modénature conçu pour la restructuration et la décoration des façades neuves et anciennes», sont systématiquement collés sur un support brut non peint, sain, sec, propre et porteur avec “StoDéco Coll” et fixés mécaniquement à raison de deux pièces/ml.

Plusieurs types de modénatures existent. Les modénatures à base de polystyrène expansé rigide recouvert sur la face avant d’une résine organique de couleur grise ou de résine polyuréthane sont applicables aussi bien dans le neuf que la rénovation. Si la résine organique, minérale, donne l’aspect de la pierre, la résine polyuréthane séduira plutôt les adeptes de PVC. «C’est fonction de l’affinité de l’architecte. Une console sous un balcon ayant beaucoup de motifs sera plutôt réalisée en polyuréthane car c’est une projection» note Cédric Forest.

D’autres matériaux sont aussi utilisés, comme le “Verofill”, dont le cœfficient de dilatation proche du béton permet une pose bord à bord des modénatures, permettant un meilleur rendu esthétique, les joints n’étant alors pas apparents. Utilisé par la société STO, “Verofill” – composé de 96 % de microbilles expansées de silice recyclée et 4 % de résine époxydique – résiste aussi bien à la flexion, aux sollicitations mécaniques, aux intempéries et il est ininflammable.