[N° 586] - Lutter contre les graffitis

par Paul TURENNE
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Œuvres d’arts pour certains, vandalisme pour d’autres, les tags ou les graffitis envahissent les villes. Des solutions permettent cependant d’agir à la fois curativement et préventivement pour retrouver l’aspect d’origine des parties communes. Etat des lieux.

Crédit DR

Les murs de votre copropriété sont d’ores et déjà recouverts d’inscriptions en tous genres ? Avant toute chose, il convient de vérifier que votre municipalité n’a pas mis en œuvre des démarches de lutte. Ainsi, à titre d’exemple, deux numéros verts ont été mis en place à Paris pour permettre aux propriétaires, locataires ou simples riverains de signaler la présence de graffitis. Des entreprises partenaires se chargent ensuite de les enlever. Et ce gratuitement ! (0 800 800 557 pour les immeubles parisiens situés rive droite, 0 800 67 67 67 pour les immeubles situés rive gauche)
A Lyon, les commerçants, syndics, propriétaires et copropriétaires d’immeubles privés peuvent  souscrire à un contrat “façades nettes” qui leur permet de bénéficier d’un nombre d’interventions de nettoyage illimité, par le biais d’une entreprise mandatée par la municipalité. Cet abonnement annuel et forfaitaire peut être souscrit auprès du “service de gestion urbaine de proximité”, au 04 72 83 14 20. Le montant annuel de la redevance sera de 17,34 € TTC/an, par mètre linéaire, ce tarif descendant à 15,51 € TTC/an dans le cas d’un immeuble de plus de deux ans et dont au moins 50% de la surface est réservée à l’habitation. Faute de solution de ce genre, la copropriété devra agir seule. Photo : crédit DR

 

Solutions curatives
Certains graffitis peuvent être simplement recouverts à la peinture, sans chercher à retrouver l’aspect d’origine du mur, en partant du principe qu’un lieu où les graffitis ne restent pas longtemps décourage les vandales qui finissent par se lasser. Des décapants “spécial façade” appliqués une vingtaine de minutes sur les tags permettent également, de les éliminer ensuite par simple grattage. Outre l’usage de ces dissolvants, les surfaces couvertes peuvent aussi être traitées avec des outils tels que des jets d’eau à forte pression, de l’hydrogommage (jet d’eau avec effet vortex), ou de l’aérogommage.
C’est ce que propose l’appareil de nettoyage Tornado ACS, commercialisé par l’entreprise Mastercraft Group, qui offre de nombreux avantages. Il permet, en effet, d’enlever rapidement les graffitis, sans utiliser de produits chimiques, d’eau et sans élever de poussières. Le tout en profondeur grâce à des granulats projetés à haute pression. Il se révèle ainsi particulièrement écologique et économique à l’utilisation, tout en n’étant pas plus bruyant qu’un aspirateur. Son poids de 40 kg, produits actifs compris, et le fait qu’il soit sur roulettes le rend également aisément maniable. Autre avantage : son utilisation ne nécessite pas de compétences particulières. Il suffit à l’utilisateur de poser la coupole sur la surface à nettoyer. Le granulat va alors arriver à l’intérieur de celle-ci et entrer en contact avec énergie sur la surface à nettoyer enlevant ainsi saletés, peintures, rouille et autres vieillissements. L’utilisateur choisit, par ailleurs, la composition du granulat selon l’objet et le fond à nettoyer. Il peut ainsi être composé au choix de coquilles de noix, matière plastique, sable, verre, de différentes granulations et pilé. Le cycle interne de l’appareil permet de récupérer le granulat en filtrant les impuretés et les produits non réutilisables dans un récipient. De quoi réaliser d’importantes économies de granulats tout en évitant des projections de poussières salissantes. Cela rend donc possible l’utilisation de l’appareil en intérieur, si nécessaire, mais également de dispenser l’utilisateur du port d’un vêtement de protection. Ce dernier peut, d’autre part observer et contrôler l’ensemble du processus à travers une vitre éclairée au niveau de la coupole. Seul bémol : le prix de l’engin (plus de 8 000 € TTC) qui le rend difficilement amortissable pour une copropriété. Sauf besoins importants pour plusieurs bâtiments, mieux vaut donc s’acheminer vers de la location auprès de sociétés spécialisées.

Photo : Appareil Tornado en action, crédit Omnipale

Prévenir plutôt que guérir
Divers moyens techniques ont été mis au point pour décourager les “graffiteurs”, comme l’utilisation de vernis et de peintures anti-tags qui empêchent la peinture de sécher correctement ou facilitent les opérations de nettoyage. Il est, par ailleurs, possible de recouvrir les surfaces vitrées de films plastiques. Ces dernières, changées régulièrement décourageront le plus souvent les tagueurs qui se lassent vite si leurs tags ou leurs gravures disparaissent très vite.

“Ecran protecteur”
L’application d’un anti-graffiti préventif va permettre de former un écran protecteur et d’en faciliter l’élimination, en empêchant l’incrustation des colorants dans les supports. Les graffitis restent donc superficiels, et ce, sur tous types de supports, qu’il s’agisse de façades, de murs intérieurs dans les parties communes, de portes, voire de panneaux de signalisation. Une copropriété aura donc grandement intérêt à anticiper en appliquant ce type de produit aux endroits régulièrement «prisés» et soumis aux traces de peintures aérosols, encres, crayons ou feutres. Les anti-graffitis résistent très souvent aux intempéries, aux rayons U.V et à la pollution, une caractéristique indispensable, en particulier, en milieu urbain. Permettant aux murs de respirer, ils possèdent en outre une excellente adhérence sur des surfaces peintes ou brutes (acrylique, glycérophtalique ou pliolite®). Enfin, ils offrent également une protection efficace contre l’humidité des façades neuves ou en réfection et les protègent contre le gel.
Concernant l’application, les surfaces doivent être propres, sèches, dégraissées et dépoussiérées. Attention, en cas de peintures neuves, celles-ci doivent être sèches depuis plus d’une semaine pour pouvoir appliquer ce type de produit. Sur matières neuves en plastique, il convient de dégraisser à l’acétone, puis de poncer.
Sur les surfaces lisses et en intérieur, une seule couche appliquée à la brosse, au rouleau (poils 10-12 mm) ou au pistolet, suffit. En revanche, sur des surfaces à relief ou poreuses, il convient d’appliquer une première couche avec le vernis dilué à 10 % ; puis d’attendre six heures pour appliquer une deuxième couche de vernis sans dilution. Enfin, douze heures après, il s’agira d’appliquer une troisième et dernière couche pure.
 

Primaire ou film anti-graffitis
Si la copropriété envisage de repeindre une façade à neuf, l’idéal consiste à appliquer auparavant à la brosse ou au rouleau une dispersion aqueuse de résine polyuréthane. Ce produit va ainsi stabiliser et réguler les fonds anciens déjà peints en isolant la nouvelle couche de peinture ou de vernis. Au niveau de la quantité à prévoir, il faut compter entre 8 à 10 m² par litre, en fonction de la nature des fonds et du mode d’application. La surface traitée de la sorte sera recouvrable au bout de 24 heures. Un film protecteur anti-graffiti permanent pour surfaces intérieures ou extérieures peut également être appliqué sur toutes surfaces peintes mates, satinées ou brillantes. Mais également sur des crépis plastiques, des coffrets PVC, des panneaux de signalisation routière et, de manière générale, sur tous les supports délicats, sensibles aux solvants. Le principe consiste à mélanger un durcisseur avec la résine afin d’obtenir un mélange homogène applicable à la brosse ou au rouleau. Comptez environ 8 heures pour un séchage optimal.